Audio de l’Interview Rencontre CrĂ©ative avec Gauthier Helloco
créativité

La Créativité pour Gauthier

C’est la façon de manier des idĂ©es, comme si c’Ă©tait une matière première.

La crĂ©ativitĂ©, dans son sens originel, c’est le fait de pouvoir rĂ©soudre une problĂ©matique.

C’est la capacitĂ© Ă  proposer des idĂ©es ou des solutions utiles dans un contexte donnĂ©.

Le principe même de recyclage est un processus créatif.

La matière première de la créativité, ce sont les idées.

On ne parle pas de toujours proposer quelque chose d’original, de nouveau.

C’est simplement le fait de requestionner et de redĂ©finir un problème diffĂ©remment.

Offrir un autre angle de vue.

C’est autant la capacitĂ© Ă  proposer que de pouvoir sĂ©lectionner, que de redĂ©finir des problĂ©matiques, que de proposer des nouveaux angles, de poins de vue, de vision.

Comment vient-on rĂ©soudre des problèmes en apportant des solutions : c’est la capacitĂ© de rebond.

Intuition

L’intuition pour Gauthier

C’est la capacitĂ© Ă  faire des choses dans une logique de laisser-aller cĂ©rĂ©bralement parlant.

Le relâchement de l’intellect et de l’analytique, c’est quelque chose qui sera un peu plus spontanĂ©, que l’on sent. Et, c’est normal d’avoir des idĂ©es, et des choses que l’on sent : c’est plutĂ´t bon signe.

C’est un petit observateur intĂ©rieur.

Laisser venir toutes ses idées.

C’est une technique d’enthousiasme aussi.

Tu as une connexion qui se fait : ça envoie de l’endorphine.

Ça crée un élan.

C’est mĂŞme hormonal.

C’est grisant et c’est lĂ  oĂą il faut quand mĂŞme continuer Ă  proposer.

Les Clés créatives de Gauthier

Une personne qui va faire une formation Ă  la crĂ©ativitĂ©, mais qui ne bosse pas la curiositĂ© ou une logique un peu plus collaborative ou l’esprit critique, elle ressortira avec quelque chose de relativement pauvre.

Comprendre les mĂ©canismes d’une disparition de projet, pour faciliter les initiatives.

Vous avez les ressources en vous pour trouver des solutions par vous-mĂŞme.

Chacun a sa propre façon – par rapport Ă  ses expĂ©riences et Ă  ses profils psychologiques – de venir proposer des idĂ©es de manière diffĂ©rente, individuellement.

La vision systĂ©mique, c’est essentiel dans la rĂ©solution de problèmes ; et c’est aussi essentiel dans le dĂ©veloppement des compĂ©tences.

Faire des choses sans but et sans objectif est un moyen de travailler la curiosité.

Être moins dans une logique de processus, de décision, de choix.

Suivez votre pote qui fait une sortie qui ne vous plaît absolument pas et forcez-vous à bouger !

Les personnes débrouillardes sont les premières à faire preuve de créativité.

Tout se décompose et tout se déconstruit.

La posture basique : le questionnement.

Se demander : est-ce qu’il y a d’autres possibilitĂ©s qui existent et qui seraient elles aussi intĂ©ressantes ?

Partir avec une idée qui te plaît beaucoup, tout en ayant 2-3 pistes alternatives en tête.

Tout se décompose et tout se déconstruit.

Facilitateur et auteur du livre “Encore un p***** de bouquin sur la crĂ©ativitĂ©“, Gauthier est fan du problem solving en toutes circonstances ! Pour lui, les idĂ©es n’ont aucun secret. Gauthier met en avant des traits dont peu de personnes parlent et qui te permettront de passer Ă  l’action sur tes idĂ©es…

“Se planter, c’est planter.”

Gauthier Helloco
Gauthier Helloco - Arrêtez de vouloir toujours plus d'idées, faites vivre les vôtres !

Peux-tu te présenter Gauthier ?

Gauthier Helloco : Je suis Gauthier Helloco. Je suis facilitateur et membre d’un collectif indĂ©pendant qui s’appelle Codesign-it : on y travaille des approches d’innovations collaboratives. Mon mĂ©tier, classiquement, c’est de faire des ateliers collaboratifs en prĂ©sentiel et, de plus en plus, Ă  distance, tout en aidant des entreprises et des institutions (privĂ©es ou publiques) Ă  craquer les grosses problĂ©matiques.

Je suis un geek du “problem solving” (rĂ©solution de problèmes) : comment est-ce qu’on organise des temps collectifs pour aider les personnes Ă  trouver des solutions par elles-mĂŞmes.

A titre personnel, j’adore travailler sur la thĂ©matique de comment trouver des nouvelles solutions, des nouvelles idĂ©es. Et mon mĂ©tier, c’est accompagner des personnes – mĂŞme des groupes – Ă  en avoir pour pouvoir plus facilement se mettre en action.

J’ai Ă©galement Ă©crit un livre qui est sorti 5 jours avant le dĂ©but du confinement en France : Encore un p***** de bouquin sur la crĂ©ativitĂ©. Le livre se veut un exercice sur la vulgarisation sur comment est-ce que les idĂ©es Ă©mergent, comment se dĂ©veloppent-elles, comment prennent-elles du corps et de la forme et comment les personnes se dĂ©veloppent en parallèle.

Tu as lu plusieurs bouquins sur la crĂ©ativitĂ© : en quoi le tien est unique ? Qu’est-ce qu’il apporte Ă  tes lecteurs ?

Encore un putain de bouquin sur la créativité - Arrêtez de vouloir toujours plus d'idées, faites vivre les vôtres ! - Gauthier Helloco.
ArrĂŞtez de vouloir toujours plus d’idĂ©es, faites vivre les vĂ´tres ! – Gauthier Helloco.

Gauthier Helloco : Je n’ai pas lu beaucoup de livres sur la crĂ©ativitĂ©. Par contre, j’en ai Ă©normĂ©ment feuilletĂ© !

J’avais un petit coup de gueule et un ras-le-bol par rapport aux livres qui expliquent que la crĂ©ativitĂ© c’est d’avoir des techniques de brainstorming. Et, je ne trouvais pas de livre en adĂ©quation avec ma philosophie, notamment : qu’est-ce qu’est rĂ©ellement la logique crĂ©ative ?

Ils ne mettent pas en avant la matière première que sont les idĂ©es. Ă€ mon sens, on sait faire du calcul, mais on ne sait pas jouer avec des idĂ©es. On ne sait pas leur donner forme. On ne sait pas les manipuler. On ne sait pas comment on va trouver des trucs et astuces : des outils, mais aussi des postures pour pouvoir plus facilement les dĂ©velopper. C’est vraiment ça qui m’a amenĂ© Ă  Ă©crire le livre.

Le titre en tant que tel – Encore un p***** de livre sur la crĂ©ativitĂ© – montre sa diffĂ©rence. Il signifie que, oui, en soit, c’est encore un livre sur la thĂ©matique ; mais avec le petit clin d’œil (le fameux “putain“) qui permet de montrer qu’il ne va pas dans le mĂŞme sens que les autres livres sur les techniques de crĂ©ativitĂ©, et notamment le typique “boĂ®te Ă  outils”.

Je pars d’un principe très personnel que la recette ne fait pas le plat. Ça ne sert Ă  rien de mettre le “mode opĂ©ratoire” sous le nez des gens : ce n’est pas ce qui les aide derrière Ă  savoir comment faire, comment se positionner ou comment aller chercher une idĂ©e.

Je suis très sensible à la logique de développement personnel, comme celle du développement des idées : ce livre est une manière de pouvoir traiter les deux en même temps. Il parle donc :

  • d’entrepreneuriat,
  • d’innovation,
  • d’agilitĂ©.

Sans forcément y mettre ces mots spécifiquement.

C’est donc une vision plus accessible et vulgarisĂ©e de la crĂ©ativitĂ© en tant que telle. C’est une vision, qui m’est très personnelle, mais qui fait du bien aux gens. Donc je souhaitais en faire un objet social plutĂ´t que de vendre des journĂ©es d’accompagnement.

Quels conseils donnerais-tu pour pouvoir développer son muscle de créativité ?

Gauthier Helloco : DĂ©jĂ , il s’agirait d’avoir une conscience un peu plus Ă©largie de ce que c’est : il ne s’agit pas de brainstorming et de pure divergence. Il s’agit de comprendre les diffĂ©rentes postures qu’induit la notion de crĂ©ativitĂ©.

On ne parle pas de toujours proposer quelque chose d’original. Je dirais mĂŞme que l’originalitĂ© est biaisĂ©e : c’est une idĂ©e reçue qui est ultra blessante par rapport Ă  ce qu’est vraiment un comportement crĂ©atif.

Parfois, la crĂ©ativitĂ© c’est simplement le fait de requestionner et de redĂ©finir un problème diffĂ©remment. D’offrir un autre angle de vue. Et ça c’est absolument essentiel. On n’est pas dans une logique de faire Ă©merger un maximum d’idĂ©es (ça c’est bien pour les brainstormings) : il y a des gens qui sont malades d’avoir trop d’idĂ©es et de ne pas savoir quoi en faire.

Quand on travaille le muscle créatif, on travaille autant la capacité à proposer que de pouvoir sélectionner, que de redéfinir des problématiques, que de proposer des nouveaux angles, de poins de vue, de visions.

Ça se bosse cognitivement : les neurosciences ont montrĂ© que le comportement joue. Chacun a sa propre façon – par rapport Ă  ses expĂ©riences et Ă  ses profils psychologiques – de venir proposer des idĂ©es de manière diffĂ©rente, individuellement.

Donc, lorsqu’on parle de crĂ©ativitĂ© comme compĂ©tence du 21e siècle, il faut d’abord la remettre dans son contexte : aujourd’hui c’est la façon de manier des idĂ©es, comme si c’Ă©tait une matière première.

L’analogie du boulanger le dĂ©crit très bien : la farine est une matière première avec laquelle on joue inconsciemment. Les idĂ©es, c’est notre farine de tous les jours. Plus on va ĂŞtre en capacitĂ© de l’observer, plus on va se muscler. L’observation c’est quelque chose d’intangible : je me rĂ©veille avec une idĂ©e, je la capture ; je la mets de cĂ´tĂ©, et je vois comment est-ce qu’elle Ă©volue dans ma tĂŞte, et peut-ĂŞtre après, progressivement, dans mes mains (quand je commence Ă  mettre en forme). Et inversement.

Beaucoup de personnes ne se sentent pas crĂ©atives. Qu’as-tu envie de leur dire ?

Gauthier Helloco : Tout simplement, il faudrait dĂ©jĂ  savoir ce qu’est une idĂ©e. La problĂ©matique par rapport Ă  ce clichĂ©, c’est que les personnes qui pensent ça, pensent qu’ĂŞtre crĂ©atif, c’est ĂŞtre excentrique, loufoque, original. Euh, non : quelqu’un qui bricole passe son temps Ă  rĂ©soudre des problĂ©matiques très “simples” en apparence, mais c’est de la rĂ©solution de problèmes.

La crĂ©ativitĂ©, dans son sens originel, c’est le fait de pouvoir rĂ©soudre une problĂ©matique. Le fait d’avoir poussĂ© Ă  dire que la crĂ©ativitĂ©, c’est forcĂ©ment faire un pas de cĂ´tĂ© et faire du nouveau, ça a amenĂ© un dĂ©calage sur “il faut ĂŞtre original, excentrique”. Mais c’est un point de vue totalement subjectif. NĂ© original ou nouveau que quelque chose qui est inconnu dans mon environnement et mon contexte. Vous pouvez donc imaginer qu’une tradition d’une tribu indienne, dans ce cas-lĂ , c’est original !

Si on recentre la crĂ©ativitĂ© sur une notion d’utilitĂ©, d’apport d’une solution, Ă  un problème, on est sur quelque chose qui est beaucoup plus acceptable. Les personnes dĂ©brouillardes sont alors les premières Ă  faire preuve de crĂ©ativitĂ©. On ne parle pas d’ĂŞtre crĂ©atif dans une agence de pub. Ce sont des clichĂ©s et un mauvais usage du vocabulaire.

AurĂ©lie : Oui, c’est un peu la dĂ©finition qu’en ont donnĂ© la sociĂ©tĂ© ou mĂŞme l’Ă©cole : mettre des gens dans des cases. C’est une Ă©tiquette que les gens se mettent.

Gauthier Helloco : Oui, ça ne ferme pas non plus la porte Ă  des choses nouvelles, Ă  amener du dĂ©calage. Mais le dĂ©calage n’est possible qu’Ă  partir du moment oĂą on propose : lorsqu’on fait de du dĂ©calage ou du nouveau un objectif. On expĂ©rimente ou on explore très très peu. Du coup on passe très peu Ă  l’action.

Moi je le dis souvent en exemple : les avocats et les fiscalistes sont des personnes extrĂŞmement crĂ©atives dans le fait de voir oĂą sont les failles dans certaines lois ou dans certaines organisations et ainsi trouver la solution. C’est le mĂŞme mĂ©canisme pour les hackers : comment est-ce que je vais trouver une faille ? Et comment je joue avec ça ?

AurĂ©lie : J’ai eu une interview rĂ©cemment avec Marie, qui a fait un doctorat en psychologie cognitive. Elle me disait la mĂŞme chose : la science est vue comme très procĂ©durale, très carrĂ©e. Mais en fait il faut ĂŞtre extrĂŞmement crĂ©atif et aller se confronter Ă  des nouvelles idĂ©es, Ă  d’autres secteurs – mĂŞme non scientifiques – et ça dĂ©mystifie la dĂ©finition sociĂ©tale que l’on donne Ă  la crĂ©ativitĂ©.

Gauthier Helloco : Oui, les soft skills (compĂ©tences douces : personnalitĂ© et savoir-ĂŞtre d’une personne) – c’est-Ă -dire quand on va retrouver de la crĂ©ativitĂ© et de la logique de collaboration – s’auto-alimentent entre elles. On est davantage sur une logique de système.

Alors que, dans les compĂ©tences hards (compĂ©tences techniques : ensemble des connaissances spĂ©cialisĂ©es d’une personne et son aptitude Ă  rĂ©aliser des tâches) – qui seraient par exemple le fait de faire du pain ou de savoir faire du code informatique – lĂ , on touche Ă  la curiositĂ©, Ă  l’esprit critique : ces deux compĂ©tences – pour ne citer qu’ellesvont alimenter le processus crĂ©atif :

  • Si je suis curieux, j’ai une nouvelle connaissance : qu’est-ce que j’en fais ? Quelque chose de nouveau peut arriver.
  • Et l’esprit critique, c’est le fait de regarder quelque chose d’existant et d’ĂŞtre en capacitĂ© de venir jouer avec, de le regarder sous diffĂ©rents points de vue. Je vais potentiellement avoir des idĂ©es qui peuvent Ă©merger. Ou mĂŞme simplement mieux dĂ©finir un problème.

Donc, elles s’auto-alimentent toutes. Il faut alors les voir comme un groupement, et pas les voir une par une. La vision systĂ©mique, c’est essentiel dans la rĂ©solution de problèmes ; et c’est aussi essentiel dans le dĂ©veloppement des compĂ©tences.

Une personne qui va faire une formation Ă  la crĂ©ativitĂ©, mais qui ne bosse pas la curiositĂ©, une logique un peu plus collaborative ou l’esprit critique, ne ressortira qu’avec quelque chose de relativement pauvre. C’est une des raisons pour lesquelles je ne forme pas ou très peu Ă  la crĂ©ativitĂ©. Quand je le fais, c’est plutĂ´t sous un angle systĂ©mique.

Tu dis notamment qu’il faut ĂŞtre curieux / aller voir ailleurs. As-tu des conseils pour des personnes qui n’osent pas ?

Gauthier Helloco : Suivez votre pote qui fait une sortie qui ne vous plaĂ®t absolument pas et forcez-vous Ă  bouger ! Le faire avec quelqu’un rend ça moins pĂ©nible. Faire des choses sans but et sans objectif est un moyen de travailler la curiositĂ©. ĂŠtre moins dans une logique de processus, de dĂ©cision, de choix.

Aujourd’hui, par rapport aux mĂ©dias, les gens choisissent ce qu’ils veulent regarder en choisissant les plateformes (comme Netflix par exemple). On est souvent dans une logique de choix et de dĂ©cision : on n’est pas forcĂ©ment dans une logique curieuse de quelque chose qui nous ressemble pas.

Les bons petits algorithmes sont faits pour nous proposer des choses qui nous ressemblent. Pas forcĂ©ment des choses qui sont un peu diffĂ©rentes de notre système de penser ou de consommer du mĂ©dia. LĂ  oĂą, quand vous aviez 6 chaĂ®nes de tĂ©lĂ©vision, vous aviez 1 choix sur 6. MĂŞme quand il n’y en a aucun qui vous va, vous regardiez quelque chose qui ne vous ressemble pas forcĂ©ment intuitivement.

Ça fait du bien d’avoir une forme de curiositĂ© sur les choses sur lesquelles vous n’ĂŞtes pas habituĂ©s. Et ça se bosse autant sur le fait de modifier certaines petites habitudes : le chemin que vous empruntez pour rentrer chez vous, une habitude culinaire ou dans certains sports.

Ce qui est important, c’est de modifier certaines habitudes et de se mettre dans un format un peu plus passif plutĂ´t que proactif de “je dĂ©cide d’absolument tout“.

AurĂ©lie : Oui, changer des petites habitudes dans son quotidien, ce n’est pas ce qu’il y a de plus difficile. Donc pour commencer, c’est bien ! Et plus on fera grandir ça, plus on sera capable de le faire !

La crĂ©ativitĂ©, c’est aussi savoir trouver plusieurs manières d’atteindre un objectif. Dans un des webinairs que tu as fait rĂ©cemment, tu parlais de la courbe du deuil et notamment du fait de ne pas chercher Ă  remplir le vide tout de suite après la mort d’un projet, d’une idĂ©e ou d’une manière d’atteindre un objectif.

Peux-tu nous parler un petit peu du principe de la courbe du deuil dans la mort d’un projet, d’une idĂ©e ?

Gauthier Helloco : Lorsqu’on investit du temps sur un projet, lorsqu’une idĂ©e prend forme et se solidifie par rapport au temps que vous investissez, par rapport Ă  l’affect que vous investissez, par rapport aux ressources que vous investissez, il y a un lien qui se crĂ©e entre le projet, l’idĂ©e et la personne.

Le langage juridique parle – lorsque l’on crĂ©e une sociĂ©tĂ© – de personne morale : juridiquement, c’est comme s’il s’agissait d’un individu, qui est identifiable, identifiĂ© et auquel on peut s’attacher. Et donc, sa simple disparition, en fonction du lien et de l’attachement que l’on peut avoir, peut avoir des consĂ©quences psychologiques.

D’autant plus si c’est votre idĂ©e : car il y a une confusion ente ce que l’on fait, ce que l’on produit et la personne que l’on est.

L’exemple du gâteau au chocolat est très parlant : dire Ă  son conjoint que le gâteau au chocolat qu’il ou elle a fait est pourri, fera que la personne aura une rĂ©action Ă©motionnelle de considĂ©ration comme si c’Ă©tait la personne qui a Ă©tĂ© jugĂ©e. Vous heurtez la personne, alors que vous parlez du gâteau.

Donc il y a des confusions très faciles et très rapides entre ce que l’on dĂ©veloppe et la personne que l’on est.

Quand le projet s’arrĂŞte, vous avez foncièrement une disparition qui arrive. On reprend donc les mĂŞmes mĂ©caniques que la courbe du deuil qui a Ă©tĂ© dĂ©veloppĂ©e par une psychologue suisse, Elisabeth KĂĽbler-Ross : vous avez les 8 phases du deuil que vous appliquez Ă©galement dans la disparition d’une idĂ©e ou d’un projet.

Si on prend comme exemple les entrepreneurs : ce sont des personnes qui passent Ă©normĂ©ment de temps sur et avec leur projet – plus qu’avec potentiellement leurs proches. Donc, quand vous cassez ce rythme-lĂ , ça ressemble très rapidement Ă  une rupture amoureuse – pour faire une analogie rapide.

A mon sens, ce qu’on n’apprend pas assez, c’est qu’une fois que vous comprenez les mĂ©canismes d’une disparition, ça devient beaucoup plus simple pour vous de lancer une initiative.

C’est parce qu’on apprend Ă  tomber que finalement on rĂ©ussit Ă  marcher. L’apprentissage passe par une comprĂ©hension de ce Ă  quoi peut ressembler l’Ă©chec. Et donc avoir une sorte de banalisation de ce que ça pourrait ĂŞtre si on veut vraiment progresser et aller chercher quelque chose de fort, de poussĂ©.

Les gamins tombent Ă©normĂ©ment de fois avant d’apprendre Ă  marcher : test-Ă©chec permanent ! Plus on a une apprĂ©hension forte et nĂ©gative de l’Ă©chec, et plus c’est compliquĂ© d’avoir une initiative. Donc, quand un projet s’arrĂŞte, si on a cette peur de l’Ă©chec, ce n’est pas Ă©vident de relancer un autre projet. Donc un deuil, ça s’accompagne, quand on veut ensuite rebondir.

AurĂ©lie : Merci pour ton partage car lorsque j’en ai entendu parler lors de ton webinair, je me suis dit qu’on n’en avait jamais entendu parler ailleurs, et c’est très important de partager cette phase-lĂ  Ă©galement !

Gauthier Helloco : Oui, c’est vraiment nĂ©cessaire ! Depuis 2 ans, on parle beaucoup de charge mentale : si on n’accepte pas le deuil de certains projets, on vit avec la charge mentale de ce projet… Et du coup, c’est lĂ  qu’arrivent les fameuses phrases au conditionnel “ah, si j’avais su, j’aurais…“. Vivre avec des frustrations et des remords avec un truc qui n’aurait pas pu exister, c’est inutile ! Vivre dans la complainte et dans la non-acceptation, c’est vivre dans l’incapacitĂ© Ă  rebondir.

La phase de renouveau est accessible Ă  partir du moment oĂą il y a une acceptation Ă©motionnelle : tristesse, colère et peur, qui peuvent arriver lorsqu’un projet s’arrĂŞte.

Et ça, ce n’est pas du tout pris en compte dans les organisations, et dans les comportements humains.

AurĂ©lie : Oui, j’en ai fait l’expĂ©rience : j’ai crĂ©Ă© un premier site trop gĂ©nĂ©raliste et ce que tu partageais m’a beaucoup parlĂ©e parce que tu as envie de retrouver quelque chose tout de suite derrière. Et il faut prendre le temps de bien faire les choses. Sinon tu te retrouves avec une surcharge mentale. Ça te freine aussi dans ta productivitĂ© derrière.

Gauthier Helloco : Oui, et puis on parle d’un site internet, donc ça n’a aucun sens que ça vienne te plomber moralement si le projet meurt. C’est normal que ça ait un impact – comme toute expĂ©rience – c’est une question de curseur. Mais ça n’a aucun sens, encore plus quand on parle de projet, de produit ou de service.

Quand on parle de vie humaine, ou de santĂ©, qui ont leur valeur absolue ce n’est pas la mĂŞme chose : lĂ  on parle de lignes de codes sur un Ă©cran, donc il faut dĂ©dramatiser.

Quelle définition tu donnerais de la créativité ?

Gauthier Helloco : C’est la capacitĂ© Ă  proposer des idĂ©es ou des solutions utiles dans un contexte donnĂ©. Je reprends donc une dĂ©finition assez classique. Par contre, j’enlève l’aspect de nouveau et d’originalitĂ© -parce que ça n’a pas de sens : ça biaise et ça ferme l’angle.

Je sais qu’il y a des gens qui en sont relativement fiers. Car c’est leur force d’aller chercher des divergences. Mais, Ă  partir du moment oĂą tu ne retombes pas sur une forme d’utilitĂ©, ça n’a aucun sens. Ça n’aide rien, ni personne. Ça n’aide pas la sociĂ©tĂ©. ĂŠtre fier de pouvoir proposer, c’est cool, mais quand il n’y a pas de transformation derrière possible, il n’y a pas de valeur crĂ©Ă©e.

AurĂ©lie : D’ailleurs, dans un de tes wĂ©binairs, tu expliquais que c’Ă©tait important de recycler les idĂ©es aussi parfois, tout simplement. Et, quand tu dĂ©construis une idĂ©e ou un projet, tu peux aussi recycler certaines parties qui ont fonctionnĂ© – ou mĂŞme certaines idĂ©es qui sont encore utiles dans un contexte donnĂ©.

Gauthier Helloco : Tout se dĂ©compose et tout se dĂ©construit. C’est un principe de chimie de tout ce qui nous entoure. Nous sommes nous-mĂŞmes des systèmes d’atomes – ni plus, ni moins – en tant que tels. Parfois il y a des formes de dĂ©compositions quand quelque chose plante.

“Comment est-ce que je vais dĂ©composer mon expĂ©rience pour en retirer un certain bout ?” Et ainsi pouvoir les dĂ©placer et leur redonner de la valeur.

C’est ce que vous faites quand vous amenez une voiture Ă  la casse : il y a des pièces dĂ©tachĂ©es qui sont sĂ©lectionnĂ©es et qui peuvent ĂŞtre dĂ©placĂ©es dans un autre contexte. Parfois des Ă©lĂ©ments sont revendus individuellement. Parfois c’est 80% de la voiture qui va partir dans un autre pays pour ĂŞtre retapĂ©e et revendue. Le principe mĂŞme de recyclage est un processus crĂ©atif. Mais notre vision est celle d’un “processus industriel“.

C’est le mĂŞme processus quand vous ĂŞtes en train de recycler les cinq ingrĂ©dients qui se battent en duel dans votre frigo, le dimanche soir, quand il n’y a plus rien Ă  manger et que tout est fermĂ©, et que vous les cuisinez. C’est la mĂŞme chose.

AurĂ©lie : Comme quoi, il y a beaucoup de crĂ©ativitĂ© dans notre quotidien, alors qu’on ne s’en rend pas compte

Gauthier Helloco : Oui ! Ça, c’est mon combat !

Comment la crĂ©ativitĂ© t’anime chaque jour ?

Gauthier Helloco : Moi, c’est une philosophie et quelque chose que j’adore transmettre sous mon angle personnel. C’est-Ă -dire pas la crĂ©ativitĂ© sous l’angle de l’originalitĂ©, de la nouveautĂ© ou de l’excentricitĂ©. Mais plutĂ´t comment vient-on rĂ©soudre des problèmes en apportant des solutions : c’est la capacitĂ© de rebond. Donc moi, c’est ça qui m’anime en permanence. C’est le mouvement des idĂ©es et des gens.

Dans tout ce que je fais, ce sont deux matières premières que je considère. Que ce soit dans des ateliers sur lesquels je travaille : faire en sorte que les 2 – idĂ©es et personnes – soient en mouvement en permanence et synchrones.

Des idĂ©es qui sont en mouvement sans que les personnes puissent les suivre, ça fait de l’externalisation : les gens sont plus en capacitĂ© de faire ou de produire (le projet leur Ă©chappe totalement). Et les personnes qui se dĂ©veloppent plus vite que leur projet, ça devient frustrant pour eux : le projet n’est plus adaptĂ© Ă  ce qu’ils ont envie de faire pour se dĂ©velopper.

Moi, ça m’anime chaque jour par rapport Ă  ces compĂ©tences tant sur ma vie professionnelle que personnelle. J’ai tout de suite Ă©tĂ© indĂ©pendant suite Ă  mes Ă©tudes car je n’ai pas trouvĂ© forcĂ©ment le cadre pour exprimer ce que j’avais envie de faire et ce qui m’animait.

Donc ça a Ă©tĂ© progressif : je l’ai trouvĂ© après sur le mĂ©tier de facilitateur, qui correspondait Ă  ma philosophie et Ă  ce que j’aime transmettre et faire. Ça m’anime dans ma façon de dĂ©velopper mon propre cadre de vie.

J’en ai vraiment fait un point central – et ensuite je le dĂ©cline.

Est-ce que tu as des outils de créativité à nous partager ?

Gauthier Helloco : Alors, je suis “anti-outils”. Car on arrive rapidement sur le mot “technique de crĂ©ativitĂ©“. Et ça, je ne cautionne pas.

Je dirais plutĂ´t une posture basique : le questionnement. C’est la reformulation des problèmes : quels problèmes cherche-t-on Ă  rĂ©soudre ? Quand je parle de problème, c’est un mot positif, voire mĂŞme neutre : quand vous n’avez rien Ă  rĂ©soudre, c’est un peu chiant… Et ce n’est mĂŞme pas normal !

  • Comment est-ce que je le vois positivement ?
  • Comment je peux le formuler afin de bien le comprendre ?

Je travaille les angles de vue diffĂ©rents pour travailler sur la reformulation de problèmes. C’est vraiment ce que je conseille Ă  chacun pour muscler sa crĂ©ativitĂ©.

J’ai une situation. J’essaie de formuler de 5 ou 6 manières diffĂ©rentes ce qui me gratte sur cette situation-lĂ . Plus ça va ĂŞtre “cĂ©rĂ©bral” – mĂŞme si, parfois, ce peut ĂŞtre instinctif la façon dont les solutions peuvent venir – plus ça va ĂŞtre facile.

Se mettre dans la vie de NapolĂ©on pour reformuler le problème, oui, ça va permettre de faire un pas de cĂ´tĂ©, seulement, se mettre dans la peau de NapolĂ©on, ce n’est pas quelque chose que vous allez faire tous les jours, pour tous les problèmes.

Ce qui est intĂ©ressant, c’est les techniques familières et quotidiennes, et le questionnement en fait partie. C’est ça qu’il faut vraiment muscler.

Plus ça devient naturel et agrĂ©able, plus ça devient ancrĂ© dans des fonctionnements : donc ce n’est plus un exercice, c’est naturel et on parle alors davantage de compĂ©tences.

Le problème de l’outil ou de la technique, c’est qu’on est quasiment dans du jeu de rĂ´le temporaire et donc on y va pour un temps donnĂ©. Quand on en ressort, on n’intègre pas forcĂ©ment la technique.

Si je te dis le mot intuition, qu’est-ce que ça Ă©voque pour toi ?

Gauthier Helloco : Je ne saurais pas rĂ©pondre de manière intuitive ! Non, alors, l’intuition, pour moi, c’est la capacitĂ© Ă  faire des choses dans une logique de laisser-aller cĂ©rĂ©bralement parlant. Le relâchement de l’intellect et de l’analytique, c’est quelque chose qui sera un peu plus spontanĂ©, que l’on sent. Et, c’est normal d’avoir des idĂ©es, et des choses que l’ont sent : c’est plutĂ´t bon signe.

Aurélie : Tu arrives à écouter tes ressentis ?

Gauthier Helloco : Oui, j’ai un petit observateur intĂ©rieur qui est très sĂ©vère. Et en mĂŞme temps, je laisse venir toutes mes idĂ©es : je suis en capacitĂ© de tuer mes idĂ©es très vite. Par contre, j’ai un alignement sur le cĂ´tĂ© intĂ©ressant d’une idĂ©e : l’observateur me dit que c’est pas mal et qu’il le sent !

AurĂ©lie : C’est une voix qui te dit “il faut y aller” ?

Gauthier Helloco : Oui, puis c’est une technique d’enthousiasme aussi. Tu as une connexion qui se fait : ça envoie de l’endorphine. Ça crĂ©e un Ă©lan. C’est mĂŞme hormonal. C’est grisant et c’est lĂ  oĂą il faut quand mĂŞme continuer Ă  proposer.

Parce que, gĂ©nĂ©ralement, c’est lĂ  oĂą on a un biais : on est persuadĂ© que c’est la seule possibilitĂ©, la seule idĂ©e qui existe. Le travail de curiositĂ©, c’est de se dire : est-ce qu’il y a d’autres possibilitĂ©s qui existent et qui seraient elles aussi intĂ©ressantes ?

Parce que le problème, derrière, c’est qu’on peut rester figer sur une idĂ©e, une solution, qui convient. Sauf que, si elle ne convient pas, tu auras perdu ta capacitĂ© de rebond. Donc, il vaut mieux partir avec une idĂ©e qui te plaĂ®t beaucoup, tout en ayant 2-3 pistes alternatives en tĂŞte : c’est beaucoup plus simple de retravailler ça.

Quels sont les 3 livres qui t’inspirent le plus ?

Gauthier Helloco :

  • La trilogie d’un ami : Agence 42 – je ne suis pas un très grand lecteur de roman, mais j’ai adorĂ© ce qu’il a pu faire. Ca m’a beaucoup inspirĂ© rĂ©cemment parce qu’il y avait du design fiction (futur proche) hyper intĂ©ressant. Ça a amenĂ© une rĂ©flexion sur ce qui se passe actuellement dans le monde, et sur ce qui pourrait se passer – avec des pistes qui faisaient fleurir mon imaginaire ! Ă€ titre d’exemple, il parle des Etats-Unis d’Afrique : dans son roman, l’Afrique est un seul et mĂŞme continent-pays et c’est hyper intĂ©ressant d’imaginer des possibles dĂ©formations.
  • Sur l’inspiration autour de la crĂ©ativitĂ©, je pense Ă  tout ce qui est Gaston Lagaffe et LĂ©onard en bande-dessinĂ©e. Ils sont juste excellents. Si vous voulez travailler le processus crĂ©atif, il faut lire ça : pas besoin de s’emmerder Ă  lire autre chose… Vous voyez un personnage qui essaye de rĂ©soudre une situation ou de crĂ©er quelque chose juste en bidouillant : il attaque soit par le faire, soit par la problĂ©matisation. Et ils tentent et testent des choses improbables : ils utilisent tout ce qu’ils ont Ă  disposition !
  • Fabcaro ou StĂ©phane De Groodt sur l’humour absurde ou les jeux de mots : ça m’a beaucoup inspirĂ©.

Quelle est la personne qui t’inspire le plus ?

Gauthier Helloco : Mon dieu, cette question mĂ©taphysique ! Je suis fan de basket, donc j’ai plein de noms de basketeurs qui me viennent en tĂŞte.

Les personnes qui m’inspirent le plus sont gĂ©nĂ©ralement les personnes qui sont sur la pluridiscipline et qui sont très fortes dans chacun des aspects. Je parle en terme de connaissances, mais aussi en termes de capacitĂ© Ă  faire. C’est-Ă -dire que les personnes accomplies, pour moi, c’est celles qui sont capables de dĂ©placer des apprentissages et de les amener dans d’autres univers.

C’est une autre de mes passions : voir les transferts innattendus entre diffĂ©rents Ă©lĂ©ments, diffĂ©rents univers. Je m’intĂ©resse Ă  comment des sportifs vont ramener leur contenu, leur expĂ©rience qu’elles ont pu accumuler sur une courte carrière (de 9 Ă  15-16 ans) dans d’autres pratiques – qu’elles soient artistiques, entrepreneuriales – de voir comment elles les utilisent en phase de transition.

J’ai eu la chance de rencontrer Tony Parker il n’y a pas longtemps : c’est un bourreau de travail ultra inspirant ! Il a cette capacitĂ© Ă  dĂ©placer son amour et sa passion du travail dans diffĂ©rents endroits. Je suis sĂ»r que ça va devenir un excellent gestionnaire de club sportif et un très bon businessman en tant que tel. Il a un sĂ©rieux et une capacitĂ© Ă  amener ce qu’il a appris dans le monde du sport et Ă  la ramener dans le monde de l’entreprise de manière assez poussĂ©e.

Est-ce que tu as une citation qui te vient en tĂŞte ?

Gauthier Helloco : La petite punchline que j’aime bien pousser par rapport Ă  la notion d’accompagnement lorsqu’un projet se plante, c’est “se planter, c’est planter“.

Et j’en parle assez souvent : toute forme d’expĂ©rience amène ses fruits. Et c’est une perception d’aller les chercher. Bien sĂ»r, parfois, les arbres tombent – et c’est mĂŞme plutĂ´t logique (dĂ©solĂ© pour les amoureux de la forĂŞt d’admettre ça). Mais il faut se dire que, quand on lance une initiative, un projet, qu’on va forcĂ©ment avoir quelque chose de positif qui va en ressortir, mĂŞme si le projet se crash.

Du coup, Ă  partir du moment oĂą on est en acceptation que se planter, c’est planter, c’est beaucoup plus facile d’amener des approches d’initiatives, de dĂ©marrer petit et ainsi faire des trucs, explorer. Faire avec ces premiers trucs d’autres choses, les explorer : c’est comme une logique d’enfant, une logique d’exploration, de dĂ©formation.

Ça se fait en fonction de ce que vous allez rencontrer sur votre chemin et de la manière dont vous allez le manipuler – dans le sens positif et neutre du terme (manipuler des objets, pas des personnes). La manipulation, ce n’est pas maquiavel non plus.

Si je te donne les 4 premières lettres de créativité, C-R-E-A, quel mot tu as envie de mettre instantanément pour chacune des lettres ?

Gauthier Helloco :

  • C – Confinement
  • R – Restez chez vous !
  • E – Encore patienter quelques jours (date de l’enregistrement du podcast : quelques jours avant la fin du confinement).
  • A – Allez-y, tentez des trucs, c’est cool ! Ça c’est ma phrase de dĂ©dramatisation.

On parle de trucs : on ne parle pas de lancer une grande entreprise !

DĂ©marrez petit. MĂŞme si c’est un grand projet : ayez une vision positive et explorez, maniez-la le plus possible pour que ça se dĂ©veloppe bien !

Je ne dis pas qu’il ne faut pas avoir une vison de quelque chose au bout, mais je dis que ce qui est important, c’est de mettre les mains dans le camboui. Parce que, les idĂ©es pour les idĂ©es, ça ne sert Ă  rien. Et la crĂ©ativitĂ© pour la crĂ©ativitĂ©, ça ne sert Ă  rien.

AurĂ©lie : Il faut aller d’idĂ©es en idĂ©es… C’est en passant Ă  l’action que tu passes Ă  l’action sur d’autres choses, petit Ă  petit.

Gauthier Helloco : Oui, et puis tu auras d’autres idĂ©es. Ă€ un moment, tu es forcĂ©ment bloquĂ© si tu te contentes d’un post-it. Et, bonjour la frustration !

AurĂ©lie : Justement, ce matin je voyais une citation qui disait “prends la meilleure idĂ©e que tu as maintenant“. Et tu fais ça Ă  chaque fois : tu prends la meilleure idĂ©e que tu as sur le moment. Ça t’amènera Ă  d’autres meilleures idĂ©es !

Tu peux te procurer le livre de Gauthier (que je te conseille vivement, maintenant que je l’ai lu !) sur le site de la FNAC : dĂ©couvre les avis en cliquant ici !

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Aurélie
Aurélie

Génératrice de créativité, je suis persuadée que celle-ci permet de développer son plein potentiel et ainsi vivre pleinement avec sa nature profonde !

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